
Le tarot n’a pas toujours été cet outil de divination et de développement personnel que l’on connaît aujourd’hui. Né comme simple jeu de cartes dans l’Italie de la Renaissance, il s’est vu attribuer, à partir du XVIIIe siècle, une dimension ésotérique construite par des penseurs successifs qui l’ont relié à l’Égypte antique, à la Kabbale juive, à l’astrologie et à l’alchimie. Cette philosophie ésotérique repose sur l’idée que les vingt-deux arcanes majeurs et les cinquante-six arcanes mineurs forment un système symbolique cohérent, capable de représenter un chemin initiatique et une carte de la psyché humaine. Comprendre ses fondements suppose donc de remonter aux origines historiques du jeu, d’explorer sa structure symbolique, ses correspondances kabbalistiques et astrologiques, puis d’examiner comment la psychologie jungienne et les pratiques contemporaines ont prolongé cette tradition.
Origines historiques du tarot ésotérique
Avant de devenir un objet spirituel, le tarot fut pendant près de deux siècles un simple jeu de cartes, populaire dans toutes les classes sociales européennes. Sa charge ésotérique est une construction tardive, élaborée essentiellement à partir de la fin du XVIIIe siècle en France, dans un contexte de réaction au rationalisme des Lumières et de fascination croissante pour l’Égypte ancienne.
Le tarot de marseille et ses influences italiennes du XVe siècle
Les jeux de cartes dont est issu le tarot ont été conçus en Chine, avant de se répandre dans le monde arabe et islamique, puis d’arriver en Italie dans les années 1300 après être passés par l’Égypte. C’est cependant à Milan, au début du XVe siècle, que naît véritablement le tarot tel qu’on le connaît. Le plus ancien jeu attesté, le tarot des Visconti-Sforza, date du milieu du XVe siècle et sa structure est restée quasiment inchangée jusqu’à aujourd’hui.
Le premier indice de l’émergence de ce jeu particulier apparaît dans une lettre de 1449, écrite par un capitaine militaire vénitien à la reine de Naples, décrivant « une nouvelle et exquise sorte de triomphes » conçue trente ans plus tôt par le duc Philippe Marie Visconti. Ce jeu initial comprenait seize divinités classiques réparties en quatre ordres : Vertus, Richesses, Virginités et Plaisirs. Le jeu Visconti-Sforza, commandé ensuite par le gendre de Visconti, Francesco Sforza, ainsi qu’un autre jeu développé à Bologne dans les années 1440 par le noble Francesco Fibbia, ont contribué à fixer les bases du tarocchi, terme qui donnera en français « tarot ». Quant à l’appellation « tarot de Marseille », il s’agit en réalité d’une désignation commerciale inventée par Paul Marteau en 1930, bien après que le jeu ait voyagé de Milan jusqu’à Paris sans nécessairement passer par Marseille.
La théorie égyptienne d’antoine court de gébelin
C’est à la fin du XVIIIe siècle que le tarot bascule du jeu vers l’ésotérisme, porté par un contexte de fascination pour tout ce qui touchait à l’Égypte, renforcé par la campagne napoléonienne. Antoine Court de Gébelin, écrivain français, est le principal responsable de cette hypothèse selon laquelle le tarot serait un artefact de sagesse antique. Selon lui, le jeu serait né d’une ancienne prêtrise égyptienne utilisant le Livre de Thot, contrainte de dissimuler ses secrets dans un jeu de cartes pour en assurer la survie face aux persécutions.
Aucune preuve tangible n’est jamais venue étayer cette théorie. L’absence de trace écrite documentant les origines exactes du tarot a laissé le champ libre à toutes sortes de fantasmes, dont celui de Court de Gébelin reste le plus influent et le plus durable dans l’imaginaire collectif.
L’apport d’éliphas lévi et la synthèse kabbalistique du XIXe siècle
Au milieu du XIXe siècle, Éliphas Lévi, principal fondateur du mouvement occultiste en France, prolonge et systématise l’hypothèse égyptienne dans son ouvrage Dogme et rituel de la haute magie. Il y développe la thèse selon laquelle le jeu de cartes serait la source originelle du symbolisme magique en Occident. Sa contribution la plus durable consiste à faire correspondre les vingt-deux arcanes majeures, terme employé depuis 1863, aux vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, scellant ainsi une filiation avec la Kabbale, courant de pensée ésotérique du judaïsme.
Lévi va plus loin encore en établissant un lien entre la légende d’Isis et d’Osiris, les mythes de la transfiguration divine, l’alchimie hermétique, et la transmission d’un savoir sacré qui aurait été communiqué au prophète Moïse à travers les Tables de la Loi, avant d’être retranscrit dans la Kabbale. Le tarot n’appartiendrait ainsi à aucune religion particulière, mais transmettrait les vestiges d’une sagesse millénaire donnant à l’être humain les clés pour atteindre l’illumination.
L’ordre hermétique de la golden dawn et le tarot de Rider-Waite-Smith
De l’autre côté de la Manche, les membres de l’ordre mystique de la Golden Dawn redessinent à leur tour le tarot pour l’ancrer davantage dans leur propre système ésotérique. L’occultiste Arthur Edward Waite et l’illustratrice Pamela Colman Smith créent ainsi, au début du XXe siècle, le jeu Rider-Waite-Smith, en le reliant notamment à la légende du Graal.
Ce jeu a la particularité d’illustrer chacune des étapes des arcanes mineures par une scène allégorique, ce qui le rend beaucoup plus accessible à la lecture symbolique que le tarot de Marseille, dont les cartes numérales restent abstraites. C’est également au sein de la Golden Dawn qu’a été introduite l’inversion de l’ordre traditionnel entre la Justice et la Force, afin de rétablir une correspondance cohérente avec les signes du zodiaque. Cette période de l’entre-deux-guerres correspond aussi à un regain d’intérêt plus large pour le spiritisme, les Européens et Nord-Américains cherchant à renouer avec les êtres perdus pendant la Première Guerre mondiale, ce qui explique en partie que le tarot ait alors basculé vers un usage divinatoire plus affirmé.
Structure symbolique des arcanes majeurs
Les arcanes majeures forment une suite de vingt-deux images allégoriques dont l’organisation obéit à une logique interne. Le mot « arcane » signifie littéralement « ce qui est caché » : ces cartes traitent donc des mystères les plus profonds, à commencer par celui de l’identité du sujet face à lui-même.
Le bateleur et l’alchimiste comme archétypes initiatiques
Dans la tradition ésotérique, le Bateleur, première carte numérotée du jeu, est souvent interprété comme la figure de l’alchimiste ou du magicien qui maîtrise les quatre éléments représentés sur sa table : la coupe, le denier, l’épée et le bâton. Il incarne le point de départ actif du chemin initiatique, celui qui dispose déjà des outils nécessaires à la transformation, mais qui doit encore apprendre à s’en servir. Cette figure fait pendant au Mat, qui représente pour sa part l’impulsion pure, l’élan irrationnel nécessaire pour s’engager dans le chemin, avant même de disposer d’aucun outil.
La roue de fortune et le cycle karmique
La Roue de Fortune illustre l’idée d’un cycle perpétuel de montée et de descente, thème que l’on retrouve gravé sur le sol de la cathédrale de Sienne dès le XIVe siècle, preuve de son ancienneté dans l’imaginaire européen. Dans les lectures ésotériques ultérieures, cette roue a été rapprochée du concept de cycle karmique : les figures qui s’y accrochent, montent ou chutent symboliseraient les répétitions inconscientes que le sujet reproduit tant qu’il n’a pas pris conscience des mécanismes qui le gouvernent. La carte invite ainsi à interroger ce qui, dans une existence, semble échapper à la volonté consciente et relever d’un ordre plus vaste.
Le mat et le concept du fou sacré dans la tradition ésotérique
Le Mat occupe une place singulière dans le jeu : il ne porte pas de numéro cardinal, ce qui le distingue de toutes les autres arcanes majeures. Représenté avec un bâton de pèlerin et des habits de bouffon, il incarne une impulsion de départ plutôt qu’une étape à proprement parler. Se confronter à l’énigme que l’on est pour soi-même, sans savoir ce qui attend au bout du chemin, relève en effet d’une forme de folie au regard du bon sens commun.
La tradition ésotérique a fait de cette figure un « fou sacré », celui dont l’apparente déraison cache en réalité une lucidité supérieure : accepter de partir sans garantie ni certitude est la condition même de tout véritable cheminement intérieur. On peut comparer ce moment à celui où l’on décroche son téléphone pour prendre un premier rendez-vous chez un thérapeute, sans raison particulière de le faire à cet instant plutôt qu’à un autre, sans savoir dans quoi l’on s’engage, mais en y allant malgré tout.
L’arcane sans nom et la symbolique de la transformation
Treizième carte du jeu, l’Arcane sans nom représente traditionnellement un squelette armé d’une faux, fauchant des figures humaines dans un paysage semé d’herbes nouvelles. L’absence de nom, à la différence de toutes les autres arcanes majeures, a nourri de nombreuses interprétations ésotériques : elle suggérerait que cette étape échappe au langage, qu’elle désigne un seuil qui ne peut être nommé directement sans en atténuer la portée. Dans la logique symbolique du jeu, cette carte ne représente pas la mort au sens littéral, mais le passage obligé par une forme de dépouillement radical, condition nécessaire à toute transformation profonde.
Correspondances kabbalistiques et l’arbre de vie sépharotique
La mise en relation du tarot avec la Kabbale constitue l’un des piliers les plus structurants de la philosophie ésotérique qui s’est construite autour du jeu à partir du XIXe siècle.
Les vingt-deux lettres hébraïques et leur attribution aux arcanes majeurs
C’est Éliphas Lévi qui, le premier, établit une correspondance systématique entre les vingt-deux arcanes majeures et les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu. Cette attribution repose sur une simple coïncidence numérique, mais elle a été reprise et approfondie par les occultistes qui lui ont succédé, notamment au sein de la Golden Dawn. Chaque lettre hébraïque portant elle-même une valeur numérique et symbolique dans la tradition kabbalistique, cette mise en correspondance a permis de lire chaque arcane majeure comme l’illustration visuelle d’un principe spirituel déjà présent dans l’alphabet sacré.
Les dix sephiroth et leur lien avec les cartes numérotées
L’arbre de vie kabbalistique se compose de dix sephiroth, ou émanations divines, organisées en une structure verticale reliant le monde matériel au principe divin. Les occultistes ont établi un parallèle entre ces dix sephiroth et les dix cartes numérales de chaque enseigne des arcanes mineures : bâtons, coupes, épées et deniers. Chaque chiffre, de l’as à la dizaine, correspondrait ainsi à une étape précise de la descente ou de la remontée de l’énergie divine à travers l’arbre, offrant une grille de lecture supplémentaire pour interpréter la progression numérique au sein de chaque élément.
Les chemins de l’arbre de vie selon aleister crowley et le thoth tarot
Aleister Crowley a poussé plus loin encore cette synthèse kabbalistique dans son Book of Thoth, qui accompagne le jeu qu’il a conçu avec Frieda Harris. Dans ce système, chaque arcane majeure ne correspond plus seulement à une lettre hébraïque isolée, mais à l’un des chemins reliant deux sephiroth sur l’arbre de vie. Cette approche fait du tarot une carte complète de la structure de l’univers telle que la conçoit la Kabbale hermétique, où chaque carte devient un point de passage entre deux principes divins, et où la progression à travers les arcanes majeures équivaut à un parcours initiatique le long de l’arbre lui-même.
Astrologie et alchimie dans l’iconographie des lames
Au-delà de la Kabbale, la philosophie ésotérique du tarot puise abondamment dans l’astrologie et l’alchimie, deux disciplines qui structurent une large part de l’iconographie des lames, particulièrement dans les jeux issus de la tradition occultiste anglo-saxonne.
Les correspondances planétaires des arcanes majeurs
Dans les systèmes ésotériques développés notamment par la Golden Dawn puis par Crowley, chaque arcane majeure se voit attribuer une planète, un signe astrologique ou un élément. La Roue de Fortune est ainsi associée à la planète Jupiter, la Lune à l’astre du même nom, le Soleil à l’astre solaire. Ces correspondances ne relèvent pas de la tradition originelle du jeu, mais d’une reconstruction tardive visant à intégrer le tarot dans un système ésotérique plus vaste, où astrologie, alchimie et Kabbale sont pensées comme les trois expressions complémentaires d’une même sagesse occulte.
Le zodiaque et les douze signes astrologiques associés au tarot
Les douze signes du zodiaque trouvent également leur place parmi les arcanes majeures selon cette même logique de correspondance. C’est précisément pour faire coïncider cet ordre zodiacal que la Golden Dawn a inversé la position traditionnelle de la Force et de la Justice : il fallait que le signe du Lion précède celui de la Balance, avec la Vierge, associée à l’Ermite, placée entre les deux. Cette réorganisation illustre bien comment les correspondances astrologiques ont pu, historiquement, modifier la structure même du jeu plutôt que de simplement s’y ajouter en surimpression.
Les quatre éléments alchimiques dans les arcanes mineurs
Les arcanes mineures reposent quant à elles sur la théorie classique des quatre éléments, héritée de la philosophie antique et reprise par l’alchimie. Le Bâton, phallique et bourgeonnant, correspond au désir et à la force passionnelle qui attire vers son objet. Les Coupes représentent le centre émotionnel, l’émotion se comportant comme le liquide dont on remplit une coupe, capable de monter par vagues ou de rester d’un calme plat. L’Épée, arme qui tranche, symbolise le centre intellectuel et la capacité de la raison à trancher entre les termes d’un dilemme. Le Denier, enfin, correspond au centre physique et à tout ce qui relève du concret et du matériel.
Cette distribution en quatre éléments permet de représenter n’importe quelle expérience humaine : les questions amoureuses relèvent des Coupes, les conflits rhétoriques des Épées, et ainsi de suite pour chaque domaine de l’existence.
Le tarot comme outil de connaissance de soi selon carl gustav jung
Parallèlement aux lectures kabbalistiques et astrologiques, une tradition d’interprétation psychologique s’est développée autour du tarot, principalement inspirée par les travaux de Carl Gustav Jung sur l’inconscient collectif.
Les archétypes jungiens et l’inconscient collectif dans les lames
L’interprétation jungienne, aujourd’hui largement répandue, propose de lire les arcanes majeures comme une suite de représentations correspondant aux archétypes de l’inconscient collectif : chaque carte incarnerait une figure universelle présente dans la psyché de tout être humain, indépendamment de sa culture. Cette lecture présente toutefois certaines limites. Les images du tarot, très intensément élaborées et codifiées au fil des siècles, s’éloignent de la spontanéité que l’on attendrait de structures véritablement archaïques et universelles. De plus, si l’on considère que le tarot décrit bien un processus d’individuation au sens jungien, on ne parvient à faire correspondre ses étapes au système jungien qu’au prix d’efforts d’interprétation parfois artificiels.
Une lecture alternative, de type structuraliste, propose de considérer le tarot comme un discours cohérent traitant d’une question précise : celle de savoir ce que c’est qu’être soi. Dans cette perspective, la suite des arcanes majeures, du Mat jusqu’au Monde, décrit les étapes successives permettant à un sujet de progresser dans la compréhension de sa propre identité, jusqu’à atteindre un état de réalisation et de liberté intérieure.
La synchronicité et l’interprétation divinatoire du tarot
Le concept jungien de synchronicité, défini comme la coïncidence signifiante entre un événement extérieur et un état psychique intérieur, sert souvent de justification théorique à la pratique divinatoire du tarot. Lorsque les cartes tirées au hasard semblent « tomber juste » et correspondre exactement à la situation du consultant, cette impression de justesse s’apparente à celle que l’on éprouve devant un mot d’esprit réussi, dont Freud avait montré qu’il nous fait rire précisément parce qu’il touche au refoulé.
Le tirage aléatoire présente un intérêt précis : puisque le consultant vient toujours au tarot avec une question née de l’insuffisance de son propre savoir, choisir consciemment les cartes ne pourrait rien lui apprendre de nouveau. Seul le hasard permet de faire apparaître, sans filtre, ce que les mécanismes de défense ordinaires — déni, justifications, excuses — tiendraient normalement à distance. Le tirage fonctionne alors comme la mise au jour symbolique de ce qui était occulté, permettant à la conscience de se saisir de contenus jusque-là inaccessibles.
Pratiques divinatoires et courants contemporains du tarot ésotérique
Si les fondements ésotériques du tarot se sont construits sur près de deux siècles, ses usages contemporains ont considérablement évolué, portés par de nouveaux courants et par une diffusion massive à l’échelle mondiale.
La méthode de tirage en croix celtique
Parmi les méthodes de tirage les plus répandues, la croix celtique consiste à disposer un nombre déterminé de cartes selon un schéma fixe, chaque position correspondant à un aspect précis de la situation interrogée : le présent, l’obstacle à surmonter, le passé récent, l’avenir proche, les influences conscientes et inconscientes. Cette structure permet d’organiser la lecture symbolique autour d’une question précise formulée par le consultant, transformant le tirage en un support de réflexion structuré plutôt qu’en une accumulation désordonnée de cartes.
Le tarot de marseille selon alejandro jodorowsky et la tarologie moderne
Alejandro Jodorowsky a largement contribué à populariser une approche du tarot de Marseille fondée sur l’analyse symbolique minutieuse de chaque détail visuel des cartes, dans son ouvrage La voie du Tarot. Sa méthode attribue à chaque chiffre une signification précise, le 8 correspondant par exemple à l’idée de perfection, ce qui permet de déduire le sens de chaque carte numérale en combinant la valeur du chiffre à l’élément représenté. Cette approche, reprise par de nombreux tarologues contemporains, insiste sur la dimension thérapeutique et relationnelle du tarot, envisagé comme un support de dialogue entre un consultant et un praticien plutôt que comme un instrument de prédiction.
Les écoles occultistes contemporaines et la renaissance du tarot ésotérique
Le tarot connaît depuis quelques années un regain d’intérêt marqué, porté par une recherche plus large de spiritualité et de développement personnel. Le marché mondial du néo-mysticisme représentait 2,1 milliards de dollars en 2021, et le hashtag #tarot a dépassé les 3,5 milliards de vues sur TikTok, signe d’une diffusion désormais largement numérique de ces pratiques. Depuis la crise du Covid-19, les pratiques de bien-être et les pratiques à portée divinatoire ont connu un essor conjoint, le tarot s’imposant peu à peu comme un outil de développement personnel banalisé, quittant les rayons ésotériques confinés des librairies pour occuper des espaces plus visibles.
Cette popularité contemporaine s’accompagne d’une multiplication des jeux thématiques et des écoles d’interprétation, qui puisent toujours, à des degrés divers, dans l’héritage constitué par Court de Gébelin, Éliphas Lévi, la Golden Dawn et les lectures jungiennes ou structuralistes ultérieures. Le tarot continue ainsi de se réinventer à chaque époque, sans jamais rompre complètement avec les strates successives de sens que l’histoire lui a superposées.